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Théorie critique et poststructuralisme. Atelier de travail autour d’Etats de choc de Bernard Stiegler

Publié le 17 octobre 2016 Mis à jour le 11 janvier 2017

Atelier de lecture organisé par Anne Alombert (IRePh) et Jean-Baptiste Vuillerod (Sophiapol).

Date(s)

du 20 octobre 2016 au 11 mai 2017

Lieu(x)
Bâtiment L
Salle L218 au 1er semestre
Salle L310 au 2e semestre
Le pari d’États de choc. Bêtise et savoir au XXIe siècle, est de renouer le dialogue manqué entre deux traditions philosophiques : d’une part, la tradition de la théorie critique de l’École de Francfort s’ancrant dans le hégélianisme et le marxisme, et, d’autre part, la tradition française dite poststructuraliste (Deleuze, Foucault, Derrida, Lyotard, Simondon). Selon B. Stiegler, ces traditions auraient dû s’enrichir mutuellement au lieu de s’opposer. Dans leurs entreprises de déconstruction des présupposés métaphysiques de la philosophie, les pensées de Deleuze, de Foucault, de Derrida, de Lyotard auraient refoulé certaines questions posées par l’hégéliano-marxisme, manquant ainsi de produire la nouvelle critique de l’économie politique que leur geste impliquait cependant. B. Stiegler repart ainsi de Hegel pour arriver à l’École de Francfort, suscitant des problèmes qui l’amènent à confronter les philosophes français des années 1960 entre eux. Une reprise du débat entre poststructuralisme et théorie critique, ainsi qu’une discussion problématique des auteurs poststructuralistes entre eux, peut-elle permettre à ce « moment philosophique » de produire des effets féconds pour la pensée contemporaine ?

Pour faire communiquer ces traditions et ces auteurs, il semble indispensable de repenser les questions de la raison, du sujet et de l’histoire, hors des conceptions traditionnelles « déconstruites ». Le livre de B. Stiegler paraît ainsi répondre à une nécessité dont témoignent selon nous les réflexions propres aux auteurs dits poststructuralistes : si la critique des concepts de raison, de sujet et d’histoire est au coeur de leurs pensées, elles semblent néanmoins, chacune à leur manière, témoigner de la nécessité de ré-envisager ces notions, en les inscrivant dans de nouveaux questionnements. Dans quelle perspective et à partir de quelles catégories est-il alors possible de repenser la rationalité, la subjectivité et l’historicité ? À quels nouveaux problèmes ces questions conduisent-elles aujourd’hui ?

Nous consacrerons ainsi l’atelier à la lecture d’États de choc et des différents textes qui sont interprétés, commentés, et confrontés dans ce livre, dans l’optique de parvenir à élaborer ces problèmes, qu’il s’agira de formuler de manière rigoureuse. Dans l’attente d’une telle formulation, notre interrogation peut être résumée de la manière suivante : le dialogue entre théorie critique et poststructuralisme peut-il permettre de « renouveler » les concepts de sujet, de raison et d’histoire ?

En tentant d'établir le dialogue entre des traditions philosophiques allemandes et françaises, cet atelier de travail s'inscrit dans le troisième axe de recherche de l'Institut de Recherches philosophiques (« Historicité de la connaissance »), dont il entend aussi mettre en pratique les méthodes et les objectifs : il a en effet pour but de restituer et de contextualiser la pensée et les concepts déployés dans une oeuvre, afin d'améliorer sa lisibilité et de rendre son interprétation possible.

Déroulement :
Les séances se dérouleront de la manière suivante :
– explication d’un texte commenté dans États de choc
– explicitation de son interprétation par Stiegler
– un moment de discussion et de problématisation visant à répondre aux questions que pose l’atelier
Les séances auront lieu une fois par mois.

Dates :
jeudi 20 octobre 2016 de 16h à 18h
jeudi 24 novembre 2016 de 16h à 18h
jeudi 15 décembre 2016 de 16h à 18h
jeudi 26 janvier 2017 de 16h30 à 18h30
jeudi 23 février 2017 de 16h30 à 18h30
jeudi 23 mars 2017 de 16h30 à 18h30
jeudi 20 avril 2017 de 16h30 à 18h30
jeudi 11 mai 2017 de 16h30 à 18h30

Mis à jour le 11 janvier 2017